jeudi 22 octobre 2009
Patrick Süskind: le Parfum
Chez le Livre de Poche, 280 pages, 5 euros 50
Résumé Amazon.fr:
Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s'appellera Grenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l'emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité. C'est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier. Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d'abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique. Dans ce voyage jusqu'aux confins de l'imagination à la fois poétique et morbide, Süskind nous entraîne sans repos à la suite de son héros monstrueux, véritable buvard des essences dont l'ultime expérience revêt presque un caractère généreux et mystique. --Sana Tang-Léopold Wauters
Quatrième de couverture:
" A vue de nez, un chef-d'oeuvre. " (Bernard Pivot) " Dans la France du XVIIIe siècle, un nabot nommé Grenouille découvre le meilleur parfum du monde. De cette idée feuilletonnesque, saturée de détails et de cascades ethno-olfactives, Patrick Süskind, jeune romancier munichois, a fait le Parfum, le nouveau best-seller européen. " (Patrick Mauriès, Libération) " Encore un exploit, cette exaltation de l'exhalaison, dont seules sont capables l'écriture et la lecture, à l'exclusion de tout autre art ! " (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde) " Un conte, philosophique sans en avoir trop l'air, qui exhale un fort parfum de talent et d'originalité. " (Pierre Démeron, Marie-Claire) " Tout le monde a déjà envie de lire ce parfum étrange qui restera unique dans la littérature d'aujourd'hui. " (Sylvie Genevoix, Madame Figaro) --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Mon avis:
Le personnage est un anti-héros assez étonnant et déroutant. Rien n'est véritablement fait pour qu'il plaise au lecteur, si ce n'est par son génie des senteurs. Évidemment qui dit génie dit "fou" et j'ai apprécié l'absence de frontière entre l'un et l'autre chez le dit Grenouille. L'impression de lecture est réellement celle véhiculée par les critiques du livre: à chaque page, senteurs, puanteurs, parfums, bref en un mot odeurs de tout acabit viennent emplir nos narines ou du moins la mémoire qu'on en a et j'ai trouvé que cette présence -mentale- de l'odeur intelligemment rendue. C'est à mon sens l'expérience la plus intéressante à la lecture que l'histoire même du personnage principal. Celui-ci reste cependant intéressant même s'il devient très vite détestable tout autant qu'admirable...
Un livre à avoir lu en somme!
(que peut-être je suis une des rares à avoir lu si "en retard" et je ne parle pas du film que je n'ai pas vu!)
Bonne journée à vous tous et merci de votre visite! :)
vendredi 16 octobre 2009
John Fante: Mon chien Stupide
Éditions 10/18, 192 pages, 6 €
Résumé Amazon.fr:
Coincé entre une progéniture ingrate et un talent de plus en plus incertain, le personnage principal de Mon chien stupide oscille entre un cynisme salvateur et des envies de fuite. Fils d'immigrés italiens, il caresse le rêve d'un retour à ses racines, fantasmant sur une vie paisible aux terrasses des cafés de la Piazza Navona à Rome. Mais pour l'heure, il faut courir le cachet, écrire des scénarios médiocres pour des séries télé affligeantes... ou le plus souvent aller encaisser un chèque des allocations de chômage. L'existence tumultueuse de la famille est bouleversée lorsqu'un gigantesque chien décide de s'installer dans la maison, pour le plus grand bonheur de l'auteur raté mais au grand dam du reste de sa tribu. Mon chien stupide est une tragicomédie de la crise individuelle : crises d'adolescence à retardement, démon de midi, couple en déliquescence. John Fante signe ici un roman touchant, débordant de compassion et d'acide lucidité. --Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Quatrième de couverture:
« Si vous avez des idées noires, plongez-vous dans Mon chien Stupide. Vous en sortirez revigoré. Le nouvel avatar de Fante, alias Bandini, est un quinquagénaire, vivant sur le bord du Pacifique avec sa femme et ses quatre enfants qui le font tourner en bourrique. Il recueille un énorme quadrupède, Stupide, un chien étrange qui complète la maisonnée. C'est à la fois drôle, ironique, tragique, bouleversant et merveilleusement écrit. A lire de toute urgence. » Pierre Roudil, Figaro Magazine
Mon avis:
D'un humour fait essentiellement de l'ironie des choses de la vie et des situations embarrassantes créées par le chien, sans parler du cynisme du personnage principal, ce livre a été un plaisir à lire et j'ai beaucoup apprécié la mise en avant de cette famille traditionnelle américaine (ceux qu'on appelle les W.A.S.P.), ses travers et ses incohérences, le chien n'étant en fait qu'un prétexte. Le personnage de l'écrivain raté (ou presque) n'est de prime abord pas intéressant, puis on se demande tout de même dans quel pétrin il va achever de se mettre en accueillant ce chien si particulier, si... Stupide! En somme, un divertissement très correct qu'on pourrait aujourd'hui comparer un peu à un épisode d'une série américaine du style Desperate housewives (disons ici donc un Desperate husband/ father...).
Bonne journée à vous et... bonne(s) lecture(s)!
samedi 10 octobre 2009
Éric-Emmanuel Schmitt: L'Évangile selon Pilate
chez Le Livre de Poche 5,50 €
Présentation de l'éditeur
Dans le Jardin des oliviers, un
homme attend que les soldats viennent l'arrêter pour le conduire au
supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de
menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l'amour et le
pardon ?
Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ? A mesure que Pilate avance dans son enquête, le doute s'insinue dans son esprit.
Quatrième de couverture
"Dans quelques heures, ils viendront me chercher. Ils croiront me surprendre... Je les attends. Ils cherchent un accusé, ils trouveront un complice. Mon Dieu, faites qu'ils ne soient pas modérés! Rendez-les sots, violents, expéditifs. Épargnez-moi la fatigue de les exciter contre moi! Qu'ils me tuent! Vite! Et proprement!"
Mon avis...
L'évangile selon Pilate, contrairement à son titre et à sa quatrième de couverture, n'est pas un livre religieux. Il parle certes de la religion chrétienne, de la Foi mais c'est avant tout un roman sur l'humanité de ses principaux protagonistes, humanité qui se dessine principalement par les doutes à la fois chez Yéchoua (Jésus) tout au long de la première partie qui est racontée par lui, et dans laquelle il revient sur les faits marquants de sa vie; mais également les doutes de Ponce Pilate face à l'énigme de la disparition du corps de Yéchoua après la crucifixion et la mise au tombeau. Tout cet épisode, deuxième partie du roman, véritable enquête policière racontée de façon épistolaire par Pilate à un de ses proches, oscille entre la comédie et la réflexion sur l'élan de la Foi, la résolution de mystères et la compréhension du personnage qu'était Yéchoua au travers des témoignages de Yoseph d'Arimathie, le roi Hérode Antipas, l'apôtre Jean (Yohanân), etc.
Si le sujet du livre en lui-même n'est pas original, son traitement lui l'est indubitablement, de même que la vision apportée par l'auteur sur les hommes qui font partie de cette Histoire, totalement différente des caricatures que l'on connait. Eric-Emmanuel Schmitt vient combler le vide apparent des quatre évangiles où parfois on perd complètement de vue la dimension humaine des situations, des apôtres et de tous les autres personnages. Et puis un bon point: cela se lit très bien et relativement vite !
Que vous soyez chrétien ou non et même athée, ce livre reste à portée du grand public (à moins d'être véritablement allergique aux personnages historiques du roman) bienque certains passages soient d'une compréhension plus aisée pour ceux qui on lu les évangiles et peuvent donc trouver matière à comparaison. Cela reste une fiction et n'empêche en rien de croire en ce que l'on veut. Je l'ai trouvé, pour ma part, assez juste sur de nombreux points bien qu'un voile de mystère demeurera toujours sur quantité d'autres...
Et pour finir, une belle citation tirée du livre, pleine de sagesse! En gras la plus importante à mes yeux:
Sur ces belles paroles, bonne journée à vous, bon weekend et bonne lecture!
Merci pour vos visites! :)
jeudi 30 juillet 2009
Haka, de Caryl Férey
Quand j'étais à Sète il y a à peu près une quinzaine, mon beau père m'a prêté Haka de Caryl Ferey (auteur français). J'avais déjà ajouté ce livre dans ma liste à rallonge de livres à me procurer et fort heureusement, "bopapa" aimant les polars, je n'ai plus eu qu'à me servir dans la bibliothèque.
Il faut que je vous dise une chose: je n'ai jamais véritablement lu de polar, n'étant pas attirée plus que ça par le genre (on laisse de côté L'affaire Caïus qui est relativement gentillet dans le genre policier). L'histoire se déroule en Nouvelle-Zélande où un flic quelque peu dépressif mène l'enquête sur des meurtres barbares étant vraisemblablement l'œuvre d'un psychopathe en liberté. Ce que les protagonistes ne savent pas c'est que c'est à ce moment-là que les choses vont basculer petit à petit dans l'horreur, le nombre de morts s'élevant à chaque découverte...
Bon. J'ai lu ce livre sans avoir matière à comparaison donc évidemment je ne pourrai pas l'opposer ou le rapprocher de tel ou tel titre. Je sais juste que cela se lit relativement bien mais c'est d'une violence assez inouïe et cela va crescendo. Cela monte à un point où personnellement je me suis sentie décrochée du temps et de la réalité du récit car à une des scènes choc du roman on est presque plus dans l'horreur et le fantastique que dans le polar pur et dur (du moins comme je considère le polar). Je n'ai pas particulièrement apprécié cette surenchère de violence et ce décrochement temporel bien que mon beau père m'ait briefé sur le caractère brut(e) du récit et de l'action. En revanche, l'intégration d'une autre histoire, sur un autre personnage, parallèle à l'enquête (et qui la rejoint à plusieurs points) était astucieuse, tentant de nous dévier du fil principal (pour ma part j'avais très vite trouvé le coupable, mais, comme pour un tour de magie, je n'avais pas compris comment le prouver). J'ai lu tout cela très vite, ne supportant ni le suspense sur l'identité du ou des meurtriers ni l'amoncellement d'actes tous plus cruels les uns que les autres. Pas effrayant en fait, juste dégoûtant!
Ceci dit, ça reste un bouquin à lire... avec le cœur bien accroché!!!
Bonne journée à vous tous et, si vous aimez ça... bonne lecture! ;)
Et je vous remercie encore et toujours pour vos passages et les traces que vous laissez.
mercredi 15 juillet 2009
Des livres pour les petits et "grands" enfants
Ce sont les grandes vacances pour les plus jeunes et l'occasion d'occuper au mieux son temps libre. Un des passe-temps de ma jeunesse, à part les jeux divers et le Club Dorothée, c'était les livres.
Malgré mon âge (30 ans au mois d'août!) j'aime toujours lire des livres dits "pour enfants". Je propose donc aujourd'hui aux petits ou aux grands enfants une petite sélection par exemple pour les paresseuses journées d'été (ça c'est pour les plus chanceux) ou pour les jours pluvieux (ça c'est pour les autres).
Vous trouverez beaucoup d'humour dans la série des petits livres de la collection des aventures d'Un chat assassin: Journal d'un chat assassin, Le chat assassin le retour, La Vengeance du chat assassin, tous écrits par Anne Fine. Le contenu des livres est bien moins dramatique que ne le suggèrent les titres. En effet, il s'agit simplement des mésaventures d'un chat dont la passion première est la chasse, forcément, ce qui n'est pas toujours bien vu par ses maîtres, forcément aussi. Des petits livres qui se lisent très vite, plein d'humour (noir et ironique) et aux illustrations naïves et rigolotes de Véronique Deiss. Chez L'Ecole des loisirs, environ 7,50 € l'exemplaire (un petit peu cher)

Le classique Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, de Luis Sepulveda. Le titre résume à lui tout seul l'intrigue de ce court roman, qui se lit bien et vite, et qui est à la fois drôle et plein de tendresse. Aux éditions Métailé, 6€.

Un recueil de contes originaux et variés: Le voleur de chapeaux et autres contes pour la semaine, de Jean-François Ménard. Un conte, un personnage original, une morale; ces contes modernes un peu à l'image des Contes de la rue Broca de Pierre Gripari proposent une galerie de personnages intéressants, parfois farfelus, d'un simple voleur de chapeaux à deux frères ayant un problème de taille, ou encore un homme-poisson aux activités particulières. A partir de 9 ans. Chez Folio-Junior n°565, 5,50 €
Pour les fans de mystère et de policier, un autre classique indémodable, le roman policier L'affaire Caïus, de Henry Winterfeld, ou l'enquête d'un groupe d'enfants dans la Rome Antique afin de prouver l'innocence d'un de leur camarade. Chez Le Livre de Poche jeunesse, 5,50 €.
De l'aventure, un soupçon de suspense et surtout beaucoup de poésie dans L'enfant et la rivière, de Henri Bosco, chez Folio Junior, 5,90 €.
Évidemment, à tous ces livres je peux aussi ajouter en vrac de nombreux classiques de la littérature jeunesse que j'évoquerai peut-être une autre fois, dans une autre sélection...
En attendant, quel que soit votre loisir, profitez-en bien et surtout: faites-vous plaisir!
A bientôt et encore merci pour vos commentaires. :)
lundi 26 janvier 2009
Avoir un chat et s'en occuper
Aujourd'hui, une petite mise en avant d'un livre ô combien utile quand on possède un ou plusieurs chats (suivi d'une sélection d'autres qui m'ont beaucoup aidée et m'aident encore à comprendre mes animaux et à faire en sorte que tout le monde cohabite bien). Et je crois savoir que certaines lectrices en ont un voir plusieurs! ;)
Bien souvent, on croit tout savoir de nos animaux, entre autres parce que ça fait si longtemps qu'on les côtoie, qu'on en a eu de tout type, dans plein de situations différentes et forcément, on croit que l'expérience suffit à tout expliquer et à tout savoir. Que nenni ! Ma minette Thora a 6 ans cette année, et j'ai eu des chats à mes côté depuis le berceau! Or ce n'est qu'il y a deux ans que j'ai appris à les connaître, à les décoder un peu mieux et à savoir ce qu'il faut mettre en place pour qu'un chat et ses maîtres vivent un tant soit peu en harmonie tout en se respectant. Bref, il n'y a que deux ans que j'apprends à vraiment connaître LE chat.
D'abord ce fut grâce à un forum de passionné(e)s, Eurochats et les nombreux témoignages et expériences de maîtres de tout bord (surtout maîtresses). Puis, ce furent des lectures, parce qu'après tout, d'autres personnes ont eu des chats avant nous et partent d'une approche à la fois scientifique (comportementalisme, médecine vétérinaire) et humaine; on aurait tort de se priver du savoir et des expériences de ces personnes-là. Parmi donc les lectures que j'ai faites afin de mieux découvrir nos petits félins de compagnie, il y a ce livre de poche, un incontournable, par Pam Johnson-Bennett "Comment penser chat". S'il n'y avait qu'un guide sur les chats à avoir ce serait au moins celui-là.
Son atout c'est que, malgré son épaisseur, les divers chapitres peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Vous ne voulez apprendre que comment éduquer un tant soit peu minet? Et bien il y a un chapitre "éducation" fort à propos. Vous cherchez des infos sur les types de parasites, ou les gestes de premier secours? Il suffit d'aller aux pages correspondantes. A la fin il y a un index qui aide à facilement s'y retrouver, notamment une longue partie sur les pathologies les plus courantes.
Évidemment, c'est un livre et il ne remplace ni le vétérinaire ni le comportementaliste, mais il informe déjà énormément et peut vous aider à remettre de l'ordre chez vous (je ne savais pas par exemple qu'un chat était un peu plus épanoui avec un arbre à chat ou de quoi grimper et griffer... mais quelque chose à lui, son territoire).
A côté de ce livre, il y en a d'autres intéressants mais moins faciles à trouver, comme Un chat pour les Nuls de Gina Spadafori; de Pam Jonhson-Bennett également, un livre plutôt rigolo, en anglais qui s'intitule Cat vs cat, ou l'art de faire cohabiter dans une maison plusieurs chats. Comme Un chat pour les Nuls c'est souvent bourré d'humour, mais évidemment il faut lire l'anglais car le premier n'est plus disponible à la vente sur Internet tout du moins. Vous avez d'autres livres nombreux sur le sujet, pas souvent aussi complet que Comment penser chat, mais il en est deux autres au moins qui peuvent aussi être utiles: 100 idées fausses sur votre chat de Laëtitia Barlerin; un livre qui combat les idées reçues, causant parfois tant de tort à nos animaux. Par exemple le point sur le lait, la stérilisation (je vous assure qu'une femelle n'a pas besoin de faire une première portée pour être épanouie ;)), les légendes sur les chats et les bébés, etc. Presque tout est revu. De la même auteur, Un chat heureux en appartement fourmille aussi d'idées pour que son animal se sente bien chez lui et avec ses maîtres. Le nom de cette vétérinaire comportementaliste vous sera familier si vous lisez la revue 30 millions d'amis.
En résumé, les livres que je vous conseille à ce jour:
Comment penser chat, de Pam Johnson-Bennett, chez Payot, environ 9,50 euros
Un chat pour les Nuls (en VO Cats for dummies) de Gina Spadafori, chez First Editions, environ 17,50 euros (la version anglaise)
Cat vs cat: keeping peace when you have more than one cat, de Pam Johnson-Bennett chez Penguin editions, environ 12 euros (en anglais uniquement)
100 idées fausses sur votre chat: comportement, alimentation, santé... & Un chat heureux en appartement de Laëtitia Barlerin, Editions Rustica, environ 13,50 euros chacun.
Et pour vous souhaiter la bonne journée, quelques photos récentes de mes fauves de salon (les deux premières de mon beau père, à Sète, le 10 janvier dernier):
A bientôt pour un nouvel article !
mercredi 19 novembre 2008
BD: le Grand pouvoir du Chninkel (par Rosinski-Van Hamme)
Pas de ciné aujourd'hui, je n'y suis pas allée ce weekend, mais un petit tour du côté de ma bibliothèque... enfin celle de mon mari plutôt! J'ai pu lire pendant mon repos forcé d'il y a deux semaines, Le grand pouvoir du Chninkel, bande dessinée par Rosinski et Van Hamme.
Ce grand classique de la BD narre les aventures d'un chninkel, J'on, sorte de lutin (certains pourraient y voir un hobbit), rescapé d'une guerre que se livrent depuis des temps immémoriaux ceux qu'on nomme les Trois Immortels. Dans cette lutte éternelle et sans merci, le peuple Chninkel tient le plus mauvais rôle: tantôt chair à canon tantôt forçats. J'on échappe un jour à sa condition et à une mort certaine par le biais d'une apparition divine, une étrange pierre noire flottant dans les airs. Elle lui confie une mission, celle de sauver son peuple, lui attribuant au passage le Grand pouvoir dont J'on ignore complètement la nature...
Le grand pouvoir du Chninkel, c'est en fait un gros "mix" entre 2001 l'odyssée de l'espace et... la Bible ! Le tout avec des accents très empruntés à la fantasy de Tolkien, sans conteste l'un des précurseurs avec le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux. Il y a la même tentative de recréér un univers avec son propre mythe, précédant l'histoire moderne de l'Homme. Le récit oscille entre le philosophique et l'action, avec une pointe d'humour et du grivois. L'univers visuel est riche et excentrique, la maîtrise totale. Cependant, je suis restée sur ma faim. Pour moi, même si dans l'ensemble, tout à l'air fantasque, dans le fond, je n'y ai vu rien de très neuf, mais il faut dire que la BD date de 1988 donc il faut peut-être la replacer dans le contexte de la BD de l'époque.
C'est parfois beaucoup trop calqué sur la Bible à mon goût, et le simple fait de ne pouvoir détacher la bande dessinée de cette oeuvre-là est pour le moins problématique. De plus, je ne vous cache pas que la fin est relativement sombre, négative; réaliste? Je ne saurais dire, mais c'est là que la vision apportée par l'auteur me semble la plus détachée. Pour y trouver un quelconque sens positif, il faut voir plus loin que la fin du récit et prendre l'histoire dans son ensemble, en tenant compte de notre propre époque et du film de Kubrick cité ci-dessus. Cela reste une bande dessinée à lire, parce que l'approche reste intéressante, mais comme certaines bandes dessinées, j'ai trouvé que l'exercice de style était plus avantageux dans le dessin que dans le scénario, malgré la richesse de celui-ci.
A noter que Rosinski-Van Hamme sont célèbres pour leur collaboration à la série Thorgal (depuis les deux derniers tomes, Van Hamme a cédé sa place à Yves Sente).
***
Pour continuer dans la BD, j'ai appris par le biais du blog de Biche qu'un autre blog, Mon beau sapin, peut faire gagner à plein d'enfants de familles modestes, la possibilité d'avoir un cadeau de Noël, et chacun de nous peut y participer. Il suffit de se rendre sur le blog tous les jours afin de visualiser les créations BD diverses d'auteurs différents. De nombreux artistes se relaieront pendant plusieurs semaines et le nombre de visiteurs uniques déterminera la somme dédiée aux cadeaux. Une belle initiative et originale avec ça! :) N'hésitez pas à y faire un tour et à en parler autour de vous!
Bonne journée, et merci encore pour les commentaires.
samedi 5 juillet 2008
Le Troisième testament, par Xavier Dorison et Alex Alice
Prenez un scénariste prometteur (Xavier Dorison), ajoutez-lui un dessinateur et co-scénariste non moins talentueux, saupoudrez enfin d'une piquante trame mêlant Histoire, religion et ésotérisme, mélangez le tout et vous obtenez un des chefs-d'œuvre de la BD française de la dernière décennie (à mon sens bien entendu!).
Entre 1997 et 2003, ce sont ainsi quatre tomes qui sont sortis au compte goutte, avec une attente de plus en plus grande après chaque tome pour les fans. Car le premier tome, Marc ou le Réveil du lion, a vite été un phénomène dans le milieu: plébiscité par les lecteurs et surtout par la critique, cela a été un réel succès. L'engouement est tel que les séries de bandes dessinées sur le thème de l'histoire et de l'ésotérisme voient le jour, surfant sur la vague, dont au moins Le Triangle Secret (Didier Convard) et le Décalogue (Frank Giroud) qui ont tout deux connu un très grand succès également.
Couverture du tome 1: Marc ou le Réveil du lion
Les ingrédients du succès sont simples mais intelligemment mis en place. Les auteurs se sont extrêmement bien documenté et ont puisé leurs source au cœur même de la réalité historique, deux des personnages principaux étant sortis tout droit de l'Inquisition (Conrad de Marbourg et Le Comte de Sayn). Un manuscrit, celui d'Elisabeth d'Elsenor, a été à la base du projet et a donné crédit au réalisme des personnages. Mais c'est avant tout la religion chrétienne qui a fait l'objet de recherches approfondies de la part des auteurs et c'est leur interprétation qui vient enrichir le récit.
Couverture du tome 2: Matthieu ou le visage de l'ange
Autre point fort: la mise en situation du récit à un moment où l'histoire prend un tournant notamment pour les Templiers qui font également partie du casting. De l'aventure, un soupçon d'archéologie, un peu d'amour, une théatralisation et une mise en scène dignes de l'héroïc-fantasy, il ne manque à vrai dire que l'humour à ce récit, caractéristique qui se prêtait fort peu au sérieux de la trame. Je vous le dis en toute honnêteté: Conrad de Marbourg c'est un peu Sean Connery, le fameux troisième testament c'est presque le livre interdit du Nom de la Rose, et le cadre également celui de l'Inquisition tout comme dans le roman d'Umberto Eco. Connaissant le succès de ce roman et celui de l'adaptation cinématographique, il n'est pas étonnant que cette bande dessinée ait attiré autant.
A vrai dire, je vois peu d'imperfection à cette série qui s'assombrit au fil des tomes jusqu'à ce que le rideau tombe définitivement. Certaines planches sont tout simplement des chefs d'œuvre, notamment une planche en double page (premier tome) où l'on voit la cathédrale de Notre Dame en plongée vertigineuse. Et que dire des couvertures, premières et quatrièmes. Le contenu quant à lui aspire à la réflexion sur la chrétienté et apporte une nouvelle pièce au puzzle que constitue cette religion et ses mystères parfois dignes d'une sorte de théorie du complot, où l'on nous cacherait la réalité.
Couverture du tome 4: Jean ou le jour du corbeau
Si vous aimez donc le Moyen-Age, l'ésotérisme, la religion, l'aventure, Sean Connery les personnages forts, mystérieux et charismatiques, les énigmes et puis quand même si vous aimez les beaux dessins, les belles perspectives et vous plonger dans une atmosphère bien particulière, vous ne pourrez passer à côté du Troisième Testament. Et si vous l'avez déjà lu, peut-être pourrez vous encore vous y replonger avec plaisir... ce que pour ma part je ferai sans doute encore et encore , ne me lassant pas.
Site officiel de la série: Le Troisième Testament
Bonne journée à tous!
vendredi 20 juin 2008
"Maus: un survivant raconte" par Art Spiegelman
Quand j'ai eu droit à des infiltrations dans le dos au mois d'avril, j'avais pour obligation de rester couchée pendant au moins 48h (ou du moins d'être en "repos total"). Ce fut l'occasion pour moi de bouquiner un peu plus et cela tombait plutôt bien car j'avais pris beaucoup de retard dans la lecture des dernières bandes dessinées que collectionne mon mari!
Mon choix s'est arrêté sur Maus: un survivant raconte par Art Spiegelman. Cette édition en deux tomes, Mon père saigne l'histoire et Et c'est là que mes ennuis ont commencé, met en scène un père -juif polonais- faisant part de son propre vécu de l'holocauste à son fils qui se cherche à travers lui.
Si la forme est la bande dessinée à son état brut: dessin presque naïf, traits simples, monochromie, le fond est très dense et renvoie presque au roman ou à l'autobiographie plutôt qu'à la bande dessinée elle-même. Ceci explique peut-être pourquoi cette œuvre a été la seule bande dessinée à avoir jusqu'à présent reçu le Prix Pulitzer (en 1992). L'œuvre est empreinte de beaucoup d'ironie, de tendresse aussi par moments, mais elle est surtout d'une noirceur terrible car la survie du père entraîne paradoxalement son fils dans l'obscurité et la frustration. La description des événements menant à l'holocauste puis celui-ci sont décrits sans fard, de manière sobre et crue. Pour des raisons d'identification, les Juifs sont des souris ("Maus" en allemand), les Allemands des chats, les Américains des chiens...
Le plus dur à admettre à la lecture, c'est la "chance" inouïe du père Spiegelman d'avoir survécu alors que beaucoup autour de lui ont péri, alors qu'une fois sorti du camp de concentration, rien n'était terminé. La chance...? En fait, oui et non, car vous apprendrez en lisant l'histoire combien la particularité du caractère du père a aussi joué en sa faveur. Ce qui fait qu'à la fin de la dernière page, j'ai broyé du noir pendant quelques jours: comment à la place du père aurais-je pu survivre? Et de me projeter en me disant que jamais je n'aurais pu voir la victoire des Alliés à l'époque, tant il fallait avoir de la jugeote, être perspicace et avoir la bonne fortune de son côté...
Belle leçon de vie ou plutôt de survie donc, sans morale toutefois, car Art Spiegelman met en avant non seulement les qualités mais aussi les nombreux défauts du père et qui ont cependant été nécessaires à sa survie: dissimulation, paranoïa, égoïsme, radinerie... On ne peut qu'être touché par les personnages et la relation entre père et fils. Voilà deux hommes parmi tant d'autres qui ont réussi à survivre au pire, chacun à leur manière, pour nous transmettre aujourd'hui leur héritage, qui quelque part nous appartient aussi à tous.
C'est donc sans réserve que je vous encourage la lecture de Maus: plus qu'une BD, un livre d'histoire, un livre philosophique, une leçon sur l'humanité, à mettre entre toutes les mains pour "ne pas oublier".
mercredi 11 juin 2008
Le Monde de Narnia
J'ai enfin terminé le gros recueil contenant les romans du Monde de Narnia par C.S. Lewis, que m'a gracieusement prêté ma belle soeur depuis des lustres à peu près euuuh disons plusieurs mois (cela ferait-il déjà un an???). Il faut dire qu'entre une lecture et encore une autre et des activités en vrac, je mets un temps fou à bouquiner, déjà qu'en temps normal je suis d'une lenteur infinie (valable aussi pour le reste des activités, ceci expliquant cela!)
Bref, venons-en à ce que je pense du recueil.
Et bien je suis presque "heureuse" d'avoir mis autant de temps à le lire et à savourer, bien que les récits soient très inégaux et empreints d'une dimension judéo-chrétienne (on voit là les influences de l'auteur) qui est de plus en plus forte au fur et à mesure du récit. Contrairement à Tolkien qui envisageait un mythe plus proche du folklore germano-scandinave comme nouvelle mythologie (celle de la Grande Bretagne), C.S. Lewis préfère prendre la Bible voire Homère et son Odyssée comme influence. Il faut donc retenir le "défaut" habituel des romans qui ont tendance à se baser sur les mythes, c'est à dire un fort manichéisme. Il est toujours question de clans qui s'affrontent, de gentils et de méchants. Cela s'explique aisément par le fait que Le Monde de Narnia propose également un récit très proche du conte, avec les caricatures qu'on leur connaît. Cependant, il y a fort heureusement des variations au sein des intrigues qui enrichissent le texte et font parfois oublier les poncifs du conte, du mythe et du fantastique, même si la morale n'est jamais bien loin.
Mis à part ces considération littéraires, pour ne parler que des impressions à la lecture, pour moi cela a été plutôt agréable. Cela se lit bien, très bien, nettement mieux que Tolkien dont le style semble plus lourd (ou est-ce la traduction française?). L'inconvénient c'est que je suis parfois restée sur ma faim, comme lors de la lecture du Prince Caspian, qui est sans doute un des récits qui m'a le plus déçue.
A mon sens, les récits à retenir sont Le neveu du magicien, Le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire magique ainsi que l'Odyssée du Passeur d'Aurore. Le premier récit a le mérite de raconter la genèse de Narnia, et je ne comprends pas qu'une partie de ce récit ne soit pas apparue dans l'adaptation cinématographique... Le deuxième récit est sans doute celui qui est le plus proche de l'héroïc-fantasy et du mythe (mais le dernier récit, La Dernière Bataille, est également bien placé en terme de "mythe"), les personnages introduits étant plutôt imposants: la sorcière, plus puissante que jamais, Aslan et les enfants Pevensie qui auront un rôle important dans la quasi totalité des récits. La troisième histoire est l'une des plus originales à mon sens, car comme son nom l'indique, c'est une odyssée qui est à rapprocher fortement de celle d'Ulysse. Les parallèles entre Narnia et les récits de notre propre monde sont nombreux et celui-ci est l'un des plus frappant. C'est également celui qui est le plus proche du roman d'apprentissage grâce au personnage d'Eustache, et celui qui est le plus inventif vis-à-vis des créatures et des îles visitées, avec là également plusieurs clins d'œil au folklore et aux légendes (les dragons) et aux contes (le lac qui transforme tout en or, un peu à l'image du Roi Midas, ou à rapprocher des pouvoirs de la Pierre Philosophale).
L'histoire la plus proche du conte (et qui en devient un peu après au sein même de l'histoire de Narnia) est celle du Cheval et son Ecuyer. Un peu différente des autres par le fait qu'elle se situe dans un pays ressemblant au Sahara avec un peuple, les Calormènes, qui vit dans ces contrées et rêvent de conquérir Narnia. A ce propos, c'est ce qui est plus discutable dans le recueil, le peuple des Calormènes est systématiquement perçu comme l'incarnation d'un des nombreux maux de Narnia (avec notamment certains géant, les sorcières, etc) et je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement entre les Croisés et la Guerre Sainte, tant la confrontation entre les deux peuples est ressemblante. La divinité qu'adorent les Calormènes n'est d'ailleurs pas sans rappeler celles des Babyloniens (et d'autres peuples de la même région) ainsi que celles des Egyptiens qui, je le rappelle à tout hasard, sont tous deux ennemis jurés du peuple Hébreux de la Bible, mais je vous fais grâce de toutes ces histoires (qui sont très intéressantes cependant et -à mon avis- à connaître).
Bien. Je m'aperçois que je "déborde"!
Enfin... pour faire plus court, voilà une lecture qui aura été des plus agréables, quoi qu'on en dise. Maintenant, seul l'avenir dira si elle aura été marquante, gage que la lecture aura été meilleure encore!
Et pour les cinéphiles, je rappelle que la sortie de l'adaptation du Roi Caspian sort le 25 juin prochain dans les salles.































